Je viens de terminer la lecture d'Odette Toulemonde et autres histoires, d'Éric-Emmanuel Schmitt aux éditions Albin-Michel et je dois dire, que je ne regrette pas d'avoir, au détour de ce rayon de bibliothèque, jeté mon dévolu sur cette petite caresse de littérature.
Comment ne pas succomber devant autant de charme et de légèreté : deux cents pages qui se lisent sans heurts, sans moment de lourdeur ou d'ennui. Le rythme y est
toujours vivant, et j'ai envie de dire : « humain » ; car l'auteur nous joue, la partition d'une mélodie dans laquelle, le cœur des femmes bat toute la mesure.
Chacune des nouvelles est ainsi une invite à la danse, à la danse de l'amour et de l'amour sous toutes ses formes. L'amour d'une femme pour son mari et d'un fils
pour sa mère, et que dire quand la maladie de l'un vient jouer les troubles fêtes et empêcher à chacun des protagonistes de réaliser l'ampleur de sa propre souffrance ? L'amour d'un homme au
corps extérieurement parfait pour une femme au corps intérieurement détruit, comme si l'un complétait l'autre, et que leur rencontre n'avait été qu'un moyen, de se transférer mutuellement, une
petite partie de soi : je te guéris un peu, et pour cela, je devrais accepter en retour d'être parfois malade, malade d'amour.
En effet, si un thème en particulier, sillonne insidieusement les pages joliment écrites de ce livre, c'est bien celui de la maladie (aussi bien physique que psychique) et de son corollaire la mort. Seulement ici, ces deux instances ne sont point sujets de tristesse et de séparation. Bien au contraire, la maladie est ce à travers quoi le personnage dégage toute sa force, sa perspicacité, son humanisme ; et la mort, ce qui le rend encore plus vivant aux yeux de ceux qui restent.
Éric-Emmanuel Schmitt nous fait ainsi cadeau d'un livre d'une charmante délicatesse qui se veut être un hymne à l'amour sur lequel, nous sommes tous appelés, avec simplicité, à faire chanter nos cœurs.
Publication de la couverture avec autorisation du service de presse des éditions Albin-Michel