Jeudi 18 août 2011 4 18 /08 /Août /2011 15:21

HARDING_Foudroyes.jpg  

 

Les foudroyés, c'est deux récits qui se chevauchent ou plutôt se côtoient pour à la fin ne plus faire qu'une seule et même oeuvre : telles les faces A et B d'une cassette audio de l'époque.

 

En face A, la vie du père et en B celle du fils, à moins que ce ne soit le contraire...Mais peu importe, du moment que chacun des titres (ici, les chapitres) de l'album (ici, le livre) est un tube ! Oui, le livre de Harding devrait se lire non avec des lunettes mais avec un casque sur la tête tellement la musique des mots y est belle et envoûtante. A la lecture des phrases, on croirait entendre le jeu à la fois fougueux et chaloupé d'un Coltrane. Alors, en bon mélomane, on appuie sur pause, puis sur rewind et enfin sur play pour en profiter deux fois !

 

Le talent de Harding ne ne tient pas juste au fait de délivrer la métaphore juste qui vous dresse les cheveux sur la tête et vous fait parcourir toute sorte de frissons étranges, inconnus et tout à la fois plaisants sur l'ensemble du corps qui ne vous donnent envie que d'une chose : danser ! En plus de tout ceci, Paul Harding c'est aussi, et avant tout, un style et une façon d'écrire hors du commun. Cultivant son art loin des sentiers battus de la littérature, il tente, innove, crée et n'hésite pas à défier les lois de la pesanteur littéraire. Certains aimeront, d'autres non... Moi, je suis fan ! Car, lire du Harding, c'est comme écouter du jazz : ça va un peu dans tous les sens mais c'est tellement beau !

 

J'ai fini la lecture de ce livre ce matin et j'en ai encore la musique en tête : un air plein de fraîcheur et de créativité sur lequel nous risquons de danser lors de la prochaine rentrée littéraire.

 

Paul Harding, Les foudroyés, Le Cherche Midi, 2011.

 

Publication de la couverture avec autorisation du service de presse des éditions Le Cherche Midi.

Par Retsig
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 24 août 2010 2 24 /08 /Août /2010 10:33

 

 

 

Holden Caulfield est âgé de seize ans, il n'est pas très bon élève et, pour preuve, il vient de se faire renvoyer du prestigieux collège de Pencey Prep. Du coup, une nuit, sur un coup de tête, il décide de fuguer de son dortoir. Dès ce moment, s'enchaine une suite d'évènements plus rocambolesques les uns que les autres, le tout ponctué de flashback et de petites anecdotes cocasses que ce-dernier se délecte à raconter.

 

Personnage principal de l'œuvre, mais aussi narrateur de celle-ci, Holden Caulfield est le prototype même de l'anti-héros : menteur, paresseux, bougon, dépressif et blasé par l'existence ; sa vie semble-t-être une sorte de continuel désenchantement. Cependant, bien qu'il nous soit difficile, à nous lecteur, de nous identifier à ce jeune homme, il n'empêche qu'on s'y attache ; car même si ses raisonnements et points de vue sur le monde qui l'entoure sont parfois tirés par les cheveux et un tantinet réducteurs, on apprécie sa franchise et le fait qu'il n'ait pas sa langue dans sa poche. Et, en parlant de langue, la sienne est d'une familiarité sans bornes ; c'est vrai, il n'a que seize ans, mais quand même... De même, tel qu'on peut l'imaginer, le style est comme qui dirait haché. Toutefois, la tonalité comique du récit fait que ces aspects du texte le servent plus qu'ils ne le déprécient : cela lui donne plus de cohérence. On aurait été surpris qu'un élève ayant des notes désastreuses en littérature s'exprime dans une langue limpide et dénuée des spécificités de langage propre à cet âge.

 

Aussi, malgré le fait que la qualité littéraire ne soit pas au rendez-vous, on est séduit par la complexité du personnage, l'on se régale de le voir se triturer l'esprit sur certaines questions qui n'en valent absolument pas la peine, et l'on ne peut s'empêcher de rire lorsqu'il nous relate ses malencontreuses aventures, tellement le propos est décalé et burlesque.

 

L'attrape-coeurs est donc un livre sur l'adolescence que toute personne que cette période continue de laisser interrogateur se doit de lire, ne fût-ce que pour avoir la vision de l'un de ceux qui la traverse. Holden Caulfield n'est surement pas le plus distingué ni le meilleur d'entre eux. Mais il a au moins le mérite de ne pas se taire à un âge où la discrétion et le silence sur ce que l'on éprouve et ressent au plus profond de soi sont de rigueur.

 

Ce livre porte bien son nom ; il n'en finit pas, plus de cinquante ans plus tard après sa première publication, de faire tomber sous son charme nos chers petits cœurs.

 

J.D Salinger, L'attrape-coeurs, collection « Pavillons », Éditions Robert Laffont, 1996.

 

Par Retsig - Publié dans : Littérature
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Jeudi 25 février 2010 4 25 /02 /Fév /2010 23:46

9782234061699-G


Miles From Nowhere est un roman dont la fraicheur du style éblouira d'un sourire de reconnaissance le visage de quiconque aura le privilège de le lire. Son auteur, Nami Mun, américaine d'origine coréenne, lauréate du Whiting Award en 2009, nominée à de nombreux prix littéraires outre-atlantique et, à ce jour, enseignante de Creative Writing à l'Université de Colombia (Chicago), est surement l'une des figures montantes de la nouvelle vague d'écrivains américains issus de l'immigration, à l'instar de Brian Leung, Dinaw Mengestu et James Cañón pour ne citer que ceux dont les traductions en français des romans sont disponibles (à ce propos, à quand une traduction du The End de Salvatore Scibona ? On peut toujours rêver...).

 

Nami Mun, s'est mise dans la peau de Joon, l'héroine de son roman, pour nous raconter un pan de sa propre histoire. On dit souvent que les chemins qui mènent à la gloire sont parsemés d'embuches, ceux de Nami Mun en étaient constellés ! Cette femme est une battante, une guerrière qui doit sa réussite à la seule force du sang des efforts versés sur le champs de bataille de la vie. Tout comme Joon, les parents de Nami ont immigré aux USA en espérant y trouver un avenir meilleur. Tout comme Joon, elle a connu la peine horrifique qui habite les cœurs des habitants des rues de New-york. C'est cette peine, cette souffrance des vies et des âmes qu'elle tient à partager avec nous ; ce, sans jamais tomber dans une vision fataliste des choses. Car, avec Nami Mun, toutes les portes de l'existence, aussi gigantesques et infranchissables soient elles, peuvent être ouvertes à la seule condition d'en détenir la clé. Cette clé, chacun d'entre nous en possède un exemplaire, cela à des degrés divers. Son nom : Courage, Persévérance, Force dans l'épreuve, Confiance en soi, même en situation d'échec. Bien sur, il y a les jours sombres, ceux qui nous voilent la lumière de l'espoir et qui nous font penser qu'il serait peut-être mieux de mettre fin à tout ça. Oui, Joon aussi à ses heures de blues, au cours desquelles la seringue lui fait de l'œil - Que celui qui n'a jamais péché jette la première pierre – oui, elle est amoureuse d'un pauvre type aussi ivrogne et drogué qu'elle. Et alors ? Elle n'a pas eu une enfance facile ; c'est dure la vie, non d'un chien ! Heureusement, elle a sa colère, c'est son souffle, c'est elle qui la maintient en vie et lui donne la force d'avancer. Colère envers sa mère, son père, ses amis, le monde cruel qui l'entoure. Elle en a fait une énergie, carburant de son existence. Et lorsqu'il arrive qu'un jour elle vient à manquer de ce précieux liquide, quand il ne coule plus dans ses veines la moindre petite goutte de haine, quand elle pense que pour cela, elle va s'effondrer et s'écrouler comme un château de cartes. Elle découvre qu'en fait elle n'en pas vraiment besoin, qu'au fond de son cœur se cache une minuscule cellule photovoltaïque qui attend juste que viennent briller sur elle les rayons chaleureux de l'amour...


Oui, je vous l'assure, la lecture de ce livre dessinera sur vos lèvres un sourire de reconnaissance.


Nami Mun, Miles From Nowhere, Editions Stock pour la traduction française, 2008


Publication de la couverture avec autorisation des éditions Stock.

 

 

 

Par Retsig - Publié dans : Livres
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Samedi 3 octobre 2009 6 03 /10 /Oct /2009 10:03







J'ai étrenné les souliers de ma rentrée littéraire avec un roman que je qualifierais de différent, ne trouvant nul autre adjectif plus approprié pour le définir, peut-être celui de particulier, mais ce serait en faire une exclusivité et ce blog n'en délivre que très rarement. Il s'agit du roman de Sylvie Germain, Hors champ, paru aux Éditions Albin-Michel.

Drôle d'histoire que celle contée par l'auteur : l'évanescence progressive d'un être humain  dans le monde, et cela, sans que personne ne le remarque. Quand on y songe, ça n'a rien de drôle, c'est même plutôt effrayant. Peut-on réellement disparaître de la sorte aux yeux de tous ? Avec Sylvie Germain, l'on est à la frontière des genres : entre récit fantastique et triste réalité, nos cœurs balancent ! On en vient à se demander si le personnage principal, un jeune homme au nom d'Aurélien, cesse vraiment d'être visible ou si c'est juste les autres qui se refusent à le voir. Le fantasme humain de l'invisibilité est ici poussé dans ses derniers retranchements, exposé dans ce qu'il a de plus tragique, de plus destructeur pour l'individu. Nous avons tous eu un jour le désir de disparaître, de quitter le monde, d'être ailleurs... Mais jamais pour bien longtemps, seulement jusqu'à ce que les autres viennent à se soucier de nous à nouveau : se faire absent pour manquer mais jamais pour se faire oublier... Et si  mourir c'était devenir invisible aux yeux de ses semblables. Alors, nous sommes tous mort au moins une fois dans notre vie et avons, par là-même, déjà été meurtrier : des assassins tuant à coups d'indifférence.

Ce livre ne sera peut-être pas un best-seller, il ne se vendra peut-être pas à des milliers d'exemplaires à travers le monde... Toutefois, Espérons simplement que tout comme son héros, il ne passera pas inaperçu sur les rayons de nos librairies, ce qui serait vraiment l'ironie du sort.

 
Sylvie Germain, Hors champ,  Éditions Albin-Michel, août 2009.

Publication de la couverture avec autorisation du service de presse des éditions Albin-Michel.

Par Retsig
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Dimanche 5 juillet 2009 7 05 /07 /Juil /2009 15:29
 

Retsig-litterature va t-il enfin se décider à renaitre de ses cendres ? Voici un mois que ça dure. Un mois sans la publication du moindre petit « billeton ». Sécheresse littéraire ? Imagination en perte de vitesse ? Ou tout simplement, la roue infernale de l'usure ? Non, rien de tout cela. Juste, l'absence du coup de cœur. Les pages défilent à toute pompe devant mes yeux et les mots qui y sont accrochés se tiennent bien fort pour ne pas sombrer dans le gouffre de mon infinie déception. Mon index est une faux qui coupe et arrache. Infime est le nombre de syllabes qui en réchappent. Après avoir été ôtées à la terre protectrice et nourricière de la page, puis pesées et jaugées, elles sont passées au moulin buccal. Là, moulues entre les lèvres et la langue, elles deviennent des sons. Les sons s'agglutinent et forment des phrases intelligibles. Et, phrase après phrase, le roman prend vie. Roman pour lequel nous éprouvons, au terme de la lecture, le sentiment désagréable d'avoir été roulé dans la farine, vu la quantité de blé laissée au passage.


Cependant, si ma moisson littéraire n'a pas été bonne, tout au long de ce mois, ce n'est surement pas par la seule faute des auteurs. Je crois bien que ma machine à moudre souffre de quelque défaillance ; car, je n'ai été en mesure de lire qu'un nombre assez négligeable d'ouvrages. Peut-être que si j'en avais lu un peu plus (disons dix), j'aurais pu tomber sur la perle rare. Et puis, peut-être que je devrais mieux choisir les livres que je lis, mieux sonder les quatrièmes de couverture, arrêter de me laisser avoir par la façade que constitue les alléchantes images de leurs devantures, suivre les conseils des critiques littéraires et ne me fier qu'aux maisons d'éditions et aux auteurs qui ont pignon sur rue. Oui, peut-être que la meilleure chose à faire, pour éviter d'être déçu, est de rester dans les sentiers battus de la littérature. Au fait, quelqu'un pourrait-il me dire pourquoi les victimes ont-elles toujours tendance à rejeter sur elles la faute de ce qui leur arrive ?

 

PS : Suffit-il d'ouvrir un livre pour éprouver le plaisir qu'il y a à lire ? Il n'y a rien de plus frustrant qu'une lecture non satisfaisante. Une lecture qui ne réalise pas l'objectif pour lequel l'ouvrage a été conçu. Une lecture qui laisse froid, qui fait du lecteur un aveugle et un sourd. Livre écrit pour un être humain non sensible. Les romans seront bientôt tous électroniques, espérons seulement que leurs auteurs, eux, resteront de chair : L'ère du tout numérique va-t-elle envahir le champ de l'esprit humain ? Si tel est le cas, à quoi ressembleront les livres, de demain, écrits pour des hommes-machines ? A des piles électriques !

 

 

 

Par Retsig - Publié dans : Littérature
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Présentation

  • : Le blog de Retsig
  • Le blog de Retsig
  • : littérature Poésie écriture Littérature
  • : Je suis heureux de vous accueillir sur ce blog entièrement dédié à ma passion pour l'écriture et la littérature. Il est vrai, pour le moment, il ne recèle en son sein qu'un nombre infime d'articles. Mais croyez-moi, il n'en sera pas toujours ainsi. En attendant, je vous invite à vous laisser tenter, par une petite promenade, sur les sentiers légers de ce blog naissant.
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus